N'oubliez pas de prendre les gens pour des cons, sinon s'pas drôle. .Je suis trés souriant, Assez farouche, Et parfois un peu chiant, Ascendant casse-couilles. Mais que voulez-vous, Je suis un bel.. EMMERDEUR !

N'oubliez pas de prendre les gens pour des cons, sinon s'pas drôle. .Je suis trés souriant, Assez farouche, Et parfois un peu chiant, Ascendant casse-couilles. Mais que voulez-vous, Je suis un bel.. EMMERDEUR !
___.__

_______.____PRΣSΣNTΣ-TØii ΣN 7 CØM'Z



____________ [.Oo1.] ◊ » TØN PRΣNØM____________ Sortons bras dessus bras dessous
____________ [.Oo2.] ◊ » TØN AGΣ_____________ Et n'ayons crainte de leur vile arrogance
____________ [.Oo3.] ◊ » TØN STATUT______-___ Allons chez les bourgeois Siffler leur vin
____________ [.Oo4.] ◊ » TA ViiLLΣ____________-_____Taquiner leur conscience
____________ [.Oo5.] ◊ » TØN BLØG_____________Que m'importent les rires et les regards
____________ [.Oo6.] ◊ » TΣS LØiiSiiRS___'________Sur mes travers, ils sont ma richesse,
_____'_______[.Oo7.] ◊ » TØN SiiGNΣ ASTRØ_________mon étendard, ils sont ma terre.

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Il est bien plus fade qu'on ne le croit. Sa force vitale est impressionnante, mais c'est vraiment un m'as-tu-vu (...) Un petit gamin heureux d'être au milieu de ses nouveaux jouets, vous savez, le môme qui a gagné le pompon sur le manège. Avec sa petite étoile de shérif et son pistolet en plastique, son déguisement de cow-boy. Il est monté sur le plus grand cheval et il a décroché le pompon. Bingo !


Je sais que vous êtes pas capable de cliquer là [ X ] ='D
Et encore moins dans le lien suivant c'est à dire là [ X ] :P


Puisque je sais qu'un jour nous nous aimerons comme des fous.
Mais je sais qu'on est quelques milliards à chercher l'amour.


La vidéo du mois : [ L ]

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# Posté le mardi 22 juillet 2008 06:07
Modifié le jeudi 09 juillet 2009 08:53

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_'!"______'-____Jeux De La Lettre :________"_____________
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_'!"___________'___Je Te Donne Une Lettre , Tu_____'___--
_'!"_________'__-_____'___Me Trouve :__'__z_____"_''____
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_'!"____________- Un Prénom De Meuf ?___________oO____
_'!"____________- Un Prénom De Mec ?______--__'_____!__
_'!"____________- Un Pays ?________________________!__
_'!"____________- Un Fruit / Légume ?____________-_-__-_
_'!"____________- Un Objet ?_______________________-__
_'!"____________- Un Animal ?__!______________________
_'!"____________- Une Star ?___________-''___-________'_
_'!"____________- Une Musique ?___!'_____-_--__________
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_'!"___________'___Lettre Choisi Cette Semaine____'-"_--_
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# Posté le lundi 22 septembre 2008 14:53
Modifié le jeudi 09 juillet 2009 08:15

-.-J'ai toujours aimé la souffrance. Je me complaisais à exacerber mes déceptions, mes réflexions amères; la communication boiteuse avec mes parents, l'incompréhension des autres enfants dans l'ensemble cruels et limités et avec qui je ne pouvais donc prétendre à aucune connivence, mise à l'écart qui se prolongea jusqu'à la fin de l'adolescence quand je compris qu'il valait mieux paraître en savoir moins que les autres et, à tout prendre, avoir l'air bête.. c'est à peu près à ce moment-là que je commençai à pressentir que la vie était absurde, ce qui me fut confirmé par de nombreuses lectures, que je touchais du doigt le mal-être, que la question "à quoi bon ? " revint de plus en plus souvent et me parut intolérable, les diverses corruptions de l'être humain en qui je voulais croire, le trou noir de l'avenir qui amènerait inéluctablement la mort, et le véritable trou noir, et d'autres réflexions du même ordre contre lesquelles je ne chercherais même pas à me débattre.
-.-Passons.
-.-Il paye. On se casse.
-.-Il me donne la main. Il me porte à moitié. Je baisse les vitres, l'air frais me fait du bien. Je recule mon siège et j'étends mes jambes. Je me mets à chanter à tue-tête, et à rire, à rire si fort ! Je fais des grimaces impossibles. Il ne peut s'empêcher de rire aussi. Je sors la bouteille de champagne que nous n'avions pas finie et que j'ai embarquée, dissimulée sous mon pull. Je bois au goulot, comme un pochetron, et le supplie de faire de même. Il s'exécute. Nous avons fière allure.. Il termine la bouteille et la balance sur la chaussée de la place de la Concorde où elle explose, avec un bruit d'apocalypse. Je m'avilis à plaisir et je suis en train de l'entraîner dans ma chute.
-.-Nous arrivons devant la boîte l'air idito et prétentieux. Il jette les clefs de la caisse au voiturier, juste ce qu'il faut de suffisance et de désinvolture. Celui-ci lui saute au cou et se répand en effusions. Pour écourter ces touchantes retrouvailles, je prends l'accent ridicule et impérieux de la pouffe étrangère, et lui intime l'odre de me suivre.
-.-Commence la grinçante comédie des mondanités. D'autant que cela fait six mois que nous ne sommes pas sortis. Tant de gens perdus de vue à qui il faut aller expliquer où j'ai dîner avant, où j'étais passé pendant tout ce temps, qu'est-ce que j'ai fait, si je pars à Saint-Tropez cet été, ou à Marbella, ou à Ibiza, ou en Sardaigne, ou les quatre, si je vois encore machin, pourquoi j'appelle plus, où j'ai acheté mon pantalon, comment j'ai rencontré A.. Oui, oui, je veux bien un verre. Vodka, s'il te plaît et avec des glaçons.. Du jus d'orange.. Non, je ne perds pas les bonnes habitudes.. Enfin, du calme, je ne suis pas alcoolique, non plus.. Ça par contre, j'ai sérieusement freiné.. Oui, c'est ça, passe-moi ton sachet, t'es un amour.. Ça va.. Bien et toi.. Non, non, je ne suis pas marié, pourquoi tu dis ça.. Non, je n'ai pas oublié.. Je ne t'ai pas rappelé parce que.. parce que.. Oui.. de la vodka, s'il te plaît.. Quoi de neuf.. rien, comme d'habitude.. Qui a commandé du champagne.. non, j'ai assez bu.. OK, t'énerve pas, mais juste une coupe.. Tiens, comment tu vas, mon coeur.. Oui ça faisait longtemps.. T'as pas de la coke.. On se voit tout à l'heure.. T'es noir.. Tu reviens d'où.. C'était comment.. Tu sais que je me sens con, un verre vide à la main.. Vodka orange, merci beaucoup.. A, mon amour, je te cherchais partout, t'était où ?
-.-Je ne me suis pas retrouvé dans un état pareil depuis des lustres. La pièce tourne autour de moi, la mer de visages me submerge, je manque de tomber à chaque pas, mais je ne suis pas le moins du monde affecté par mon état d'ivrognerie avancée. Au contraire, j'exulte.
Quatre heures. Le Queen, les mêmes cons ; ils sont ivres morts et leurs vêtements sont sales. C'est la seule différence. Fatigué de quémander, j'ai acheté deux grammes de coke, depuis qu'elle a baissé, je me gâte. Je traverse la fosse pour aller aux toilettes, des torses anonymes et poisseux se pressent contre moi, deux pédés bas de gamme s'enlacent, ecstasiés au dernier degré, ils salivent et me jettent des regards hostiles sous leurs piercings à l'arcade soucilière, leur oeil torve me glace. Je simule un malaise pour dépasser tout le monde. Le mec des chiottes m'offre une sucette. Je m'explose le nez. Je ressors, hagard et les gencives anesthésiées mais très content de moi. Je regagne le carré. Je marche, roulant du cul et balayant sans remords les obstacles de chair hideuse et suintante qui me barre la route.
-.-Je retrouve A. Il a une fille sur chaque genou et de nouveau ce sourire sardonnique qui lui fait une tête de salaud. Il boit comme un trou. J'enjambe la table en reversant quelques verres. Un pique-assiette proteste, et A le remet vertement à sa place. Je dégage violemment les deux conasses de ses genoux et m'empare de ses lèvres. Je l'embrasse avec insistance, mes mains se glissent sous sa chemise et caressent ce corps que je connais par coeur. Le monde alentour disparaît. J'enlève un à un les boutons de son jean, et nous sommes emportés par notre passion mutuelle sans pouvoir la réprimer, nous glissons lentement vers l'inévitable étreinte.. Et on baise. En plein milieu du Queen. Ma jouissance est décuplée par la proximité de la multitude. Nos va-et-vient lascifs passent pour un simlacre, mes cris se perdent dans la musique trop forte..
-.-Je me retire et m'assois à côté de lui. Quelques personnes nous fixent, l'air horrifié, et nous partons d'un éclat de rire diabolique. Nous ne respectons rien ni personne, pas même nous-mêmes, et nous nous sentons doués d'un pouvoir unique ; je débarrassés à jamais du joug de l'interdit. Je ne peux pas m'arrêter de rire. Je suis ivre de champagne et de débauche.
-.-J'en veux plus, je ne suis pas satisfait.
-.-J'ai envie d'ailleurs, d'intensité, d'impossible.
-.-Nous sortons de la boîte. Le chemin de Queen à la voiture est interminable, nous conjugons ce qu'il resqte de nos équilibres respectifs pour ne pas mordre la poussière. Nous traçon des figures involontaires dans l'air chargé d'électricité, et peu à peu s'immisce en moi la pensée que nous sommes grotesques. Grotesques. Des pantins gesticulants. Je m'affale sur le siège. Les Champs tournent autour de moi, et je tente de fermer les yeux pour échapper à cet étourdissant manège dont je suis le centre, mais l'étau qui m'enserre alors les temps me contraint à garder les yeux grand ouverts sur le pieux spectacle de ma déchéance. Un corps affaissé, agité de soubresauts, revouvert tant bien que mal d'un jean tacheté. Des mains qui se tordent. Un visage détruit. Des yeux enfoncés, hagards. Une bouche figée. Un teint hâve interrompu par un filet de sang coagulé sous l'arcade sourcilière. Je recherche dans mes yeux la lueur qui m'est familière. Il n'y en a pas. Je contemple une étrangère. Une étrangère aux yeux éteints.
-.-Dire que A est capable de faire un créneau.. Je reste cloué à mon siège, je ne peux pas bouger. Il m'exhorte à le faire. Je refuse. Il finit par me tirer doucement par la main, je parviens à m'extriper de la voiture. Mes mouvements saccadés sont ridicules. Je me retrouve debout sur le trottoir. Un instant. Je vacille sur mes jambes harassées et m'effondre. J'ai envie de vomir. Ça monte en moi comme un sentiment de fureur, j'ai envie de dégorger mon dégoût, ma haine et les litres d'alcool ingurgités. Je suis a genoux, coubé en deux, et je vomis sans pouvoir m'arrêter mes excès de cette nuit et la vie de toujours, et je souille mon jean d'éclaboussures sordides, et le silence pesant d'atroces déglutitions. Et ça jaillit comme dans un cauchemar, je dégueule des litres de vodka, des litres de champagne, mes illusions perdues, les fantômes qui me hantent, et ça gicle sur le bitume noir avec un bruit d'explosion liquide et sale qui se répercute dans ma tête comme la sentence fatale de mon indignité. Et je reste prostré. Je ne veux pas me relever, je ne veux pas affronter son regard. Ma tête baissée dissimules mes larmbes brûlantes. Je veux mourir ici.
-.-A me relève, il passe un bras sous mes genoux, l'autre sous mes épaules, il me porte et m'emmène. Je suis submergé de fatigue et de honte, je laisse aller ma tête sur son épaule, j'ai l'air d'un mort. L'odeur familière de son appartement me rassérène. Il me guide à pas lents à travers les pièces jusqu'à la salle de bains. Il m'assoit sur la baignoire et passe délicatement une éponge mouillé sur mon visage maculé de larmes. Patiemment, jusqu'à l'entière disparition des traces. Jusqu'à ce que la glace me renvoie l'imagie d'un enfant pâle, aux yeux tristes et cernés.
-.-N'attendez pas de chute à cette histoire et à ce blog, il n'y en a pas. Il est mort et plus rien n'a de sens pour moi. J'envisage l'avenir comme une éternité de souffrances et d'ennui. Ma lâcheté m'empêche de mettre fin à mes jours. Je continuerai à sortir, à taper, à boire et a persécuter des cons.
-.-Jusqu'à ce que j'en crève.
-.-L'humanité souffre. Et je souffre avec elle.



Aucun article ne suivra celui-ci.
Un long arrêt est prévu. _-__
# Posté le mardi 04 novembre 2008 04:50
Modifié le jeudi 09 juillet 2009 08:19

-.-Je rentre aux toilettes qui sont décorées façon hôtel de passe de luxe. S'y bousculent en permanence un escadron de pouffiasse qui tentent de se remodeler le faciès en tirant sur leurs rides précoces et en s'arrosant généreusement de Terracotta par-dessus les UV. C'est là généralement qu'on repère les impostures : l'interieur de leur sac n'est pas siglé, et elles en sortent sans sourciller mascara et rouge à lèvres de supermarché.. Pardon, excusez-moi, je voudrais prendre ma coke, merci. Je m'enferme, et je sors en tremblant le sachet de ma pochette Vuitton. Je retrouve en un instant mes réflexes d'antan et ma carte de crédit son utilité perdue. J'effrite les grains avec application sur la cuvette rabattue. Je roule fébrilement un billet de deux cents. Je m'agenouille et contemple les cinq traits alignés. J'aspire.. Et d'un. Et de deux. L'euphorie monte. Je marque une pause. Trois. Quatre. Cinq.. Pourquoi s'être privé, pendant six mois ? Un succédané au bonheur : six cents le gramme. Je me relève, et dans mon trouble mon front heurte le mur, je ne sens rien.
-.-J'ouvre brusquement la porte qui claque contre une autre porte. Sous la lumière flatteuse, la glace me renvoie l'image de la beauté du diable, une goutte de sang perle à l'arcade. Je retourne affronter mes démons. Ma démarche est assurée. Je fends la salle avec aisance, j'ai l'impression de m'éveiller d'un long sommeil. Je restitue la coke à A, moins un demi-gramme.. Je l'en informe un peu confus, il ne dit rien, bien au contraire. Je fais le tour de la table, je dis bonjour à tous ces sales mecs de la Nuit, ces ex-compagnons d'afters abjectes, souvenirs de gueules verdâtres, méconnaissables, de propos inarticulés et incohérents, de coïts avortés dans les pleurs. Et je me sens lié à eux.
-.-Je rejoins notre table, mais ma place est prise. A converse le plus innocemment du monde avec un copain de sa soeur qui croit que ses affinités avec la famille autorisent à poser son cul sur ma veste en cuir. Je me poste devant la table et attrape une clope dans mon paquet laissé là, je l'allume en faisant claquer brusquement mon Dupont, j'aspire une longue bouffée avec un geste saccadé.
-.-J'ai envie qu'il s'énerve, qu'il perde ne serait-ce qu'un instant cette maîtrise de soi qui m'insupporte. Au lieu de quoi, il me regarde presque avec mépris, et m'excuse auprès de l'idiot qui est resté planté comme une potiche, à nous regarder nous engueuler, et n'ose pas partir sans prendre congé.
-.-Je met ma veste. A me retiens par le bras. Mais je m'en vais.

-.-Je n'en peux plus. Nous ne sommes plus vivants, c'est un leurre.
-.-Nous nuos sommes embourbés dans la Nuit et la coke. Nous hantons les endroits sordides, à l'est, dans ces quartiers dont nous ignorions jusque-là l'éxistance, nous nous vautrons dans la saleté des autres, nous nuos nourrissons de vapeurs glauques, de rencontres vaines, et de cette omniprésente putréfaction de l'âme qu'on ne retrouve que la nuit, et à laquelle nous aspirons malgré nous.
-.-Nous nous jouons la comédie de la vie, mais nous sommes plus mort que vifs.
-.-Des cavadres animés.
-.-Je m'essouffle.. Mon désir de poursuivre est syncopé. Je n'en peux plus.. Je me tape un trait..
-.-Chaque jour, j'assiste à l'abaissement de l'homme que j'aime, son menton qui heurte la table, ses mains tremblantes qui vident le sachet, qui façonnent les lignes, et elles disparaissent en un dixième de seconde dans le geste saccadé qu'il fait pour les aspirer, dont entier de son être où je suis un intrus.
-.-Le nez plein, les yeux vides.
-.-On ne baise même pas.
-.-J'ai en permanence un goût de métale dans la gorge, je ne sens plus mes gencives, je saigne du nez tout les matins.
-.-C'est le huis clos, l'autarcie. On n'appelle plus que notre dealer.
-.-On essaye de tout essayer. Hier on a fumé du crack.
-.-Plaque de verre, billet roulé, cristaux immaculés. Il m'a volé mon vice. Ça ne se vit pas à deux.

-.-On se traîne dans des endroits abjects, on fait la fête avec les pauvres, ce sont les plus désespérés.
-.-Six heures du matin, quelque part dans le XVIIIe, des poubelles et des gens. Le jour fait semblant de se lever. Mais c'est la nuit pour toujours.
-.-Et je suis le seul à le savoir.
-.-Il le sait peut-être pas aussi, je ne lui demande pas, on ne se parle plus.
-.-Son geste las pour ouvrir les portes de sa voiture. Je monde machinalement.
-.-Et on écoute
Aerodynamic, des Daft Punk, et ça me donne envie d'aller très vite et très loin; et on pousse à deux cents sur les quais déserts, et tout est derrière nous en un éclair, et je me dis que j'ai envie de crever, que ça me serait égal à ce moment précis, crever à côté d'A, à deux cents dans Paris, défoncé à la coke et à la vitesse, avec les guitares hurlantes des Daft Punk saturant l'air ambiant, se jeter du haut du pont des Arts, car dans nos yeux chromés, notre destin s'est brouillé, se planter dans la cour Carrée, au pied de l'obélisque, sous l'Arc de Triomphe, place Victor-Hugo, et défoncer la porte du musée Marmottan pour aller rendre le dernier soupir devant Impression soleil levant, crever les larmes aux yeux, à côté de l'âme soeur, en face d'un chef d'oeuvre, et je me rend compte que mon nez pisse le sang, et les cloches sonnent, et nous sommes arrivés..
-.-
# Posté le mardi 22 juillet 2008 06:23
Modifié le jeudi 09 juillet 2009 09:59

-.-On vit.. comme des cons. On mange, on dort, on baise, on sort. Encore et encore. Et encore.. Chaque jour est l'inconscience répétition du précédent : on mange autre chose, on dort mieux, ou moins bien, on baise quelqu'un d'autre, on sort ailleurs. Mais c'est pareil, sans but, sans intérêt. On continue, on se fixe des objectifs factices. Pouvoir. Fric. Gosses. On se défonce à les réaliser. Soit on ne les réalise jamais et on est frustrés pour l'éternité, soit un y parvient et on se rend compte qu'on s'en fout. Et puis on crève. Et la boucle est bouclée. Quand on se rend compte de ça, on a singulièrement envie de boucler la boucle immédiatement, pour ne pas lutter en vain, pour déjouer la fatalité, pour sortir du piège. Mais on a peur. De l'inconnu. Du pire. Et puis qu'on le veuille ou non, on attend toujours quelque chose. Sinon, on presserait sur la détente, on avalerait la plaquette de médocs, on appuierait sur la lame de rasoir jusqu'à ce que le sang gicle..
-.-On tente de se distraire, on fait la fête, on cherche l'amour, on croit le trouver, puis on retombe. De haut. On tente de jouer avec la vie pour se faire croire qu'on la maîtrise. On roule trop vite, on frôle l'accident. On prend trop de coke, on frôle l'overdose. Ça fait peur aux parents, des gènes de banquiers, de PDG, d'hommes d'affaires, qui dégénèrent à ce point-là, c'est quand même incroyable. Il y en a qui essaient de faire quelque chose, d'autres qui déclarent forfait. Il y en a qui ne sont jamais là, qui ne disent jamais rien, mais qui signent le chèque à la fin du mois. Et on les déteste parce qu'ils donnent tant et si peu. Tant pour qu'on puisse se foutre en l'air et si peu de ce qui comptre vraiment. Et on finit par ne plus savoir ce qui compte, justement. Les limites s'estompent. On est comme un électron libre. On a une carte de crédit à la place du cerveau, un aspirateur à la place du nez, et rien à la place du coeur, on va en boîte plus qu'on ne va en cours, on a plus de maisons qu'on n'a de vrais amis, et deux cents numéros dans notre répertoire qu'on n'appelle jamais. On est la jeunesse dorée. Et on n'a pas le droit de s'en plaindre, parce qu'il paraît qu'on a tout pour être heureux. Et on crève doucement dans nos appartements trop grands, des moulures à la place du ciel, repus, bourrés de coke et d'antidépresseurs, et le sourire aux levres..
-.-Il ne répond pas, jette son manteau sur mes épaules et me serre dans ses bras. Il m'embrasse sur le front.
-.-Une larme roule sur ma joue, puis une autre. Je ne peux plus les retenir, c'est le trop-plein des émotions contraires qui bouillonnaient en moi qui s'épanche sans que je puisse rien faire. Trop vécu trop jeune, et trop seul. Je ne mérite pas qu'on s'occupe de moi. je ne comprends pas. Je n'ai besoin de personne.
-.-On cherche l'amour, on croit le trouver. Puis on retombe. De haut. Mieux vaut tomber que ne jamais s'élever ? Tu fais de ta vie un calvaire. Des visages implorants, la solitude, des mains sales, un bébé qui pleure, la nuit, le néant.. Le néant est une question de point de vue.. Des bras m'enserrent et annihilent ma détresse, je sens une caresse dans mes cheveux, sur mes yeux qui me brûlent, sur mes joues inondées, sur mes lèvres avides. Je ne sais plus pourquoi je pleurais. Je ne pleure plus. Plus vraiment ? Ça coule toujours mais c'est parce que je ne peux pas l'arrêter. Je suis si bien. L'espoir renaît du fond du gouffre. Ré-illusionnée.
-.-Peut-être que ce sont des larmes de joie..
-.-Je ne sais pas.

# Posté le vendredi 31 octobre 2008 11:04
Modifié le jeudi 09 juillet 2009 08:19

-.-Que dire du bonheur ? Rien. Ça emmerde le monde. Le bonheur des uns fait le malheur des autres. Vous seriez jaloux, mesquins. Pourquoi cela marcherait-il à ce point pour nous et pas pour vous ? Et puis je ne vais pas vous raconter mon sourire niais ? Ça ne se raconte pas un sourire, surtout niais !
-.-Je ne vais pas vous retranscrire les adorables bêtises qu'on se débite à longueur de nuits, ni décrire sa façon de replacer mes mèches derrière mon oreille, la douceur de sa joue contre la mienne, et son regard plongé dans le mien..
-.-Vous voyez, je tombe très vite dans les mauvais clichés.
-.-Joue contre joue, yeux dans les yeux, mains dans la main.. Ce qu'on est con quand on aime ! Ce qu'on est niaiseux, mielleux, fleur bleue, inactif, improductif, égoïste, aveugle et sourd ! Je promène ma tête d'autiste heureuse dans les rues de Paris, sans me préoccuper le moins du monde d'effrayer ou non mon entourage qui n'existe plus, ou les passants que je ne vois même pas. Seule compte l'opinion d'A, et son visage est l'exacte réplique du mien, air béat et sourire jusqu'aux oreilles compris, aussi serait-il surprenant qu'il formule une critique quelle qu'elle soit.
-.-Six mois de bonheur. Partagé. Des souvenirs désordonnés, et cette sensation au creux du ventre quand je les évoque.. Un entrelacs de rires, de jambes, de fumée.. les effluves de Dolce & Gabanna et d'Allure entremêlés.. une phrase de piano pleine de langueur.. l'hiver puis le printemps.. mes mains crispées sur sa peau.. sa voix qui me rend fou.. l'obscurité radieuse qui règne dans ma chambre quand je dors dans ses bras.. la fièvre qui nous anime, nos discussions exaltées et nos inlassable étreintes.. le désir qui renaît aussitôt satisfait.. l'oublie total de ce monde insignifiant.. juste lui.. juste moi.. nos membres confondus.. nos rires accordés.. Et on se roule par terre dans la cascade de plumes virginales d'un oreiller crevé par nos excès.. je me dérobe par jeu.. puis m'abandonne et retombe sur le dos.. mes jambes nues en l'air.. Après la jouissance, l'entente.. et noyer mon regard dans ses yeux limpides.. et offrir mon cou à ses lèvres avides.. allumer une cigarette qu'on fume à deux.. ne plus rien désirer.. ne plus rien redouter.. l'imperfectible satiété du corps à corps.. du coeur à coeur.. bercé par la musique extatique de mots d'amour qui me sont destinés.. Délicieuse lassitude qui freine quelques instants l'enthousiasme de la passion.. nos deux êtres épuisés gisent côte à côte.. en silence.. et exultent uniquement d'être ensemble..
-.-Lui jouant négligemment avec mes longs cheveux épars sur l'oreiller.. moi promenant mes doigts le long de la courbure de ses reins.. et la force tranquille de son comprs étendu dont le seul contact me brûle la peau et l'âme.. non, je n'ai peur de rien quand je suis à ses côtés.. de rien.. je fais mon souffle l'écho des battements de son coeur, de mon corps reflet de son corps, de sa jambe qui m'entoure une chaîne indéfectible.. je le regarde dormir et l'ombre de ses cils sur sa joue mal rasée, sa moue d'enfant, sa main abandonnée, déchaînent en moi des passions disproportionnées..
-.-Moi qui fuyais l'amour, qui le fustigeais à l'envi. C'était sans compter avec l'existance d'A. Nous somme la même âme dans deux corps et, quand ceux-ci s'unissent, nous ne formons plus qu'un. Pendant six mois, je ne suis pas sorti. Je n'ai rien bu, rien pris. Aucun manque. Je me suis rassasié en dévorant sa peau, mon besoin de débauche s'est consumé à la flamme de ses yeux.
-.-Vive d'amour, d'Evian et de Marlboro Light. Et croire que ça suffit. Ça ne suffisait pas. Nous étions l'un à l'autre notre seule planche de salut. Le garde-fou préservant de l'abîme.
-.-J'avais très vite compris que ses pensées étaient à l'image exacte des miennes, et que s'il tentait de combattre mes convictions c'était dans le but unique d'éradiquer un mal-être semblable à celui dont il fourrait lui-même et dont il voulait m'épargner les effets délétères. Pieux mensonges.. Qui croyait-il tromper ? Notre présence mutuelle annihilait pourtant notre douleur commune et bien que profondément blessée et en théorie vouée au spleen pour l'éternité, je me surprenais à me sentir heureux. Peu à peu, notre inexpugnable désespoir tombait en léthargie.. Au bout de six mois, nous étions presque devenus "ordinnaires". Si cela avait pu être vrai..
-.-Six mois de bonheur ? Non. Six mois de sursis..
-.-Une plainte stidente recommença à sourdre en moi, puis à gronder, puis à hurler.. aussitôt que je baissai ma garde. Comme avant.
# Posté le jeudi 30 octobre 2008 11:58
Modifié le jeudi 09 juillet 2009 08:20

Avertissement : certains passages de ce--'
texte sont susceptibles de heurter la sensibi-
lité de nos lecteurs les plus romantiques.-'-


-.-Je sens que je vais encore pleurer en repensant à cette histoire. Mais il me faut bien la raconter : il y a des gens à qui mon exemple pourra peut-être rendre service. Ainsi au moins aurai-je l'illusion d'avoir détruit la plus belle histoire d'amour de ma vie pour quelque chose.
-.-Tout à commencé par une blague. Je m'en souviens comme si c'était hier. Je lui ai demandé ce qu'il serait prêt à faire pour me prouver son amour. Il m'a répondu qu'il ferait n'importe quoi. Alors j'ai souri et lui aussi. Les inconscients.
-.-Evidemment, c'est là que ça a basculé. Avant on faisait l'amour sans arrêt, sans penser à autre chose. Comme preuve d'amour, ça nous suffisait. C'était comme de boire un verre d'eau - sauf que ça avait plus de goût et qu'on avait tout le temps soif. Il suffisait qu'il me regarde et je sentais mon sexe vivre. Il entrouvrait ses lèvres; j'y posais les miennes; sa langue léchait mes gencives; il avait un goût de fraise Tagada; j'écartais mes doigts dans ses cheveux parfumés; il passait sa main sous ma chemise pour caresser ma peau; nous respirions plus vite; j'enlevais son haut pour dégager son torse; il avait un goût de bonbon Kréma; son corps était une confiserie, un self-service, un fast-food où j'aimais prendre mon temps, flâner, hésiter entre son boxer trempé, quand on roule une pelle, ça finit toujours par déraper, il y a des allées et venues, en éjaculant, je criais son prénom, et lui, le mien.
-.-Le point-virgule est une chose très érotique.
-.-On était juste un couple amoureux. Là où ça a dérapé, c'est quand on a décidé que l'amour avait besoin de preuves. Comme si le faire ne suffisait plus.
-.-Au début, ce n'était pas grand-chose. Il me demandait de me retenir de respirer pendant une minute. Si j'y parvenais, ça voulait dire que je l'aimais. C'était facile. Après, il me laissait tranquille pendant quelques jours. Mais c'était moi qui revenais à la charge.
-.-« Si tu m'aimes, laisse ton doigt sur la flamme de la bougie jusqu'à ce que je te dise de l'enlever. »
-.-Il m'aimait, c'était sûr. On a bien rigolé en soignant la cloque sur son index, ce qu'on ne savait pas, c'est qu'on avait aussi mis le doigt dans un engrenage infernal.
-.-C'est devenu chacun son tour. L'escalade n'a pas tardé. Pour lui prouver mon amour, j'ai dû successivement :
- lécher la cuvette des chiottes;
- boire son pipi;
- lire en entier le romans de Claire Chazal;
- montrer mes couilles dans un déjeuner d'afaires;
- lui donner cent mille francs sans avoir le droit de le baiser;
- recevoir deux gifles de lui devant tout le café Marly sans protester;
- rester enfermé debout dans le placard à balais pendant dix heures;
- porter des pinces-crocodile sur les tétons;
- m'habiller en fille le soir où il recevait ses amis à dîner, et servir à table.
-.-De mon côté, pour vérifier qu'il m'aimait, je l'ai forcé à :
- manger une crotte de chien dans la rue;
- porter un godemiché dans le cul pendant trois jours sans pouvoir faire caca;
- voir jusqu'au bout le dernier film de Lelouch;
- se faire percer sans anesthésie;
- aller à une soirée avec moi et me regarder draguer tout le monde sans réagir;
- se faire prendre par le chien dont il avait mangé la crotte;
- rester attaché à un feu rouge pendant une journée entière, uniquement vêtue de lingerie;
- se déguiser en chienne le soir de son anniversaire et accueillir les invités en aboyant;
- sortir tenue en laisse chez Régine.
-.-C'est sûr : la guerre était un peu déclarée. Mais ce n'étaient que les hors-d'oeuvre. Car ensuite, il fut décidé d'un commun accord que nous devions faire participer d'autres personnes à nos preuves d'amour.
-.-Un soir, je l'ai emmené chez des amis sadiques. Il avait les yeux bandés et les mains attachées par des menottes. Avant de sonner à la porte, je lui ai rappelé les règles du jeu :
-.-« Si tu demandes qu'on arrête, cela voudra dire que tu ne m'aimes plus. »
-.-Mais il savait ça par coeur.
-.-Mes trois copains commencèrent par découper ses vêtement avec des ciseaux. L'un lui tenait les bras dans le dos, et les deux autres déchiraient son pantalon et sa chemise. Il frémissait d'inquiétude en sentant le contact du métal froid sur son épiderme. Quand il fut nu, ils le caressèrent partout : torse, ventre, fesses, sexe, cuisses, puis le pénétrèrent tous les trois avec les doigts puis le sexe, séparément d'abord, puis ensemble. Lorsqu'ils eurent joui avec un bel ensemble, on passa aux choses serieuses.
-.-Ses bras furent attachés au-dessus de sa tête à un anneau fiché dans le mur. On lui retira le bandeau pour qu'il puisse voir le fouet, la cravache et les martinets, puis ses pieds furent fixés au mur par des cordes et ses yeux bandés à nouveau. Nous le flagellâme tous les quatre pendant vingt minutes. A la fin de l'exercice, il était difficile de départager qui était le plus fatigué, de la victime époumonée en supplications et cris de douleur, ou des bourreaux épuisés à force de la battre à tour de bras. Mais il avait tenu, donc il m'aimait.
-.-Pour fêter ça, nous le marquâmes au fer rouge sur la fesse droite.
-.-Et puis mon tour était arrivé. Puisque je l'aimais, il fallait que j'accepte de tout subir sans broncher. Donnant, donnant. Il m'emmena dîner chez un "ex" a lui - c'est-à-dire un type que je détestais. A la fin du repas, il lui adressa la parole :
-.-« Mon amour, je ne t'ai pas oublié. »
-.-En me désignant de la tête, il poursuivit :
-.-« Ce ringard ne pourra jamais remplacer ce que nous avons vécu. D'ailleurs, il est telleent nl qu'il va nous regarder faire l'amour sans bouger. »
-.-Je restai assis à ma place pendant qu'il s'installait à califourchon sur mon prédécessur et pire ennemi. Il l'embrassa à pleine bouche en le caressant. Il me regardait, interloqué. Mais comme je ne réagissais pas, il finit par se laisser faire, et bientôt il s'empala sur son sexe. Jamais je n'avais autant souffert de toute mon existance. J'avais envie de mourir sur place. Mais je ne cessais de me dire que cette souffrance était ma preuve d'amour. Quand ils eurent un orgasme simultané, ils se retrouna vers moi, crevé, transpirant, et me demanda de m'en aller car ils avaient envie de recommencer seuls. Là, j'éclatai en sanglots de rage et de désespoir. Je le suplliai :
-.-« Pitié, demande-moi plutôt de me couper un doigt, mais pas ça ! »
-.-Il me prit au mot. Ce fut mon rival qui ampta la première phalange de mon auriculaire gauche. C'était atroce, mais moins terrible de les laisser seuls. Et puis : ne plus pouvoir se gratter l'oreille avec la main gauche est un moindre sacrifice que d'être cocufié par un connard.
-.-A partir de là, notre amour exigea de plus en plus de preuves.
-.-Je l'ai obligé à faire l'amour avec un ami séropositif sans préservatif.
-.-Il m'a prié de sucer son père.
-.-Je l'ai prostitué avenue Fosh : embarqué par les flics, il s'est fait violer collectivement par la maréchaussée et quelques SDF sans que je lève le petit doigt, puisqu'il me l'avait coupé. Il m'a enfoncé un crucifix dans l'anus pendant la messe d'enterrement de ma soeur, donc j'avais dû sauter le cadavre auparavant.
-.-J'ai baisé tout ses meilleurs amis devant lui.
-.-Il m'a forcé à être témoin à son mariage avec le fils d'un riche agent de change.
-.-Je l'ai enfermé nu dans une cave infestée de rats et de mygales.
-.-Sans oublier le pire de tout : il poussa même le vice jusqu'à me contraindre à dîner en tête à tête avec Romane Bohringer.
-.-Pendant un an, nous avons tout fait, T O U T. Au point que nous étions presque à court d'idées.
-.-Et puis, un jour, quand est venu mon tour de le tester, j'ai enfin fini par trouver L A preuve d'amour ultime. Celle qui voudrait dire qu'il m'aimerait à jamais.
-.-Non, je ne l'ai pas tué. C'eût été trop facile. Je voulais qu'il souffre toute son existence, pour me certifier son amour absolu à chaque seconde et jusqu'à ce que mort s'en suive.
-.-C'est pourquoi je l'ai quitté.
-.-Et c'est pourquoi il ne m'a jamais revu.
-.-Chaque jour qui passe, nous souffrons davantage l'un pour l'autre. Cela fait de longues années que nous pleurons. Mais il sait comme moi qu'il ne peut pas en être autrement.
-.-Notre plus belle preuve d'amour, c'est de ne plus jamais nous revoir.
# Posté le dimanche 26 octobre 2008 15:53
Modifié le jeudi 09 juillet 2009 08:22

-.-Ma vie est merdique, je vais la supprimer. J'en ai marre de trimbaler des cons qui puent l'after-shave et renversent de la coke sur la banquette arrière. Je suis bourré de pastis et de Prozac et j'emmerde leurs brushings de sitcom brésilien. Comment suis-je arrivé là ? J'en sais rien. Quand j'étais petit, je croyais que j'avais toute la vie devant moi. Maintenant je suis un gros beauf, un con sur Paris-Couronne, et sous moi coule la rue de Rivoli. Je longe des appartement cossus avec vue sur les Tuileries, remplis de pétasses décolorées qui se font envuler par des animateurs télé sur des canapés Roméo. Derrière moi, la cliente éclate de rire, je ne sais pas quelle connerie son mec basané lui a encore racontée "Darling, je me suis acheté une nouveau hélicopère pour la bateau - ou une nouvelle bateau pour la hélicoptère ? Ou une avion pour faire du 4x4 dans le piscine ?" Je t'emmerde, Ducon. Je vais te finir à la pisse. Je suis fracassé et jécrase l'accélérateur. Je l'épie dans le rétro, son nez poudré ses cheveux gominés sa gourmette dorée. Elle va bientôt s'arrêter de glousser sa radasse ? Je croyais que la vie me donnerait une chance, me réserverait quelques surprises. Tintin. Les surprises sont pour les riches. La vie des pauvres est prévisible, on peut la raconter à l'avance. L'avenir n'est pas passé par moi. Je suis moche, mal sapé, ils regardent ma grosse nuque, mon cou de taureau, ils sont beaux, ils sentent bon, ils me méprisent. Il rit de moi, c'est sûr, mais je vais mettre fin à tout ça. La place de la Concorde ? C'est beau une ville la nuit. Tiens, même ça c'est pas pour moi.
-.-Je suis un type pauvre, donc un pauvre type. Celui avec qui l'on reste pas. Celui qu'on appelle par son prénom avec "Monsieur" devant, comme tous les larbins. Jamais mon destin n'a ressemblé à la place de Concorde, jamais limpide, scintillant, adjectifs réservés à d'autres. Je bois pour oublier qu'on m'a oublié. Une vie dénuée de signification. J'accélère parce que j'en ai marre des bas-côtés. Nom de Dieu, ça y est, il a défait la braguette de l'Arabe, ille prend en bouche, ma parole, je les vois dans le rétro, ça doit les exciter de savoir que je peux les surprendre, il lui pompe le dard pendant qu'il renifle la cocaïne. Qu'ils crèvent, j'en ai marre d'encaisser. Qu'est-ce qu'il lui trouve à part son blé ? Pourquoi ça m'est jamais arrivé de me faire lécher les burnes à l'arrière d'une limousine, bordel de merde ? Pourquoi elle me regarde avec commisération la prostituée avec son balayage et son parfum entêtant à la mords-moi le noeud ? Je hais la gentillesse des riches, leurs sourires qui signifient "va-t'en", qui vous donnent l'impression de mendier. Je me sens si laid et inférieur.
-.-L'autoradio diffuse Viva Forever par les Spice Girls. Je monte le son. Je suis la chose la moins intéressante dans ce monde. Parti de rien, pour arriver nulle part. Je prends les voies sur berge. Le connard gluant fait exprès de geindre comme un acteur porno. Partie de rien pour arriver nulle part. Moi aussi j'ai eu des compagnons mais ils étaient moches et je les rendais tristes. Je ne les étonnais pas. Ils regrettaient d'être avec moi. (Pas moi-même.) Je n'ai jamais été amoureux, je n'ai jamais fais jouir personne. L'amour coûte trop cher, je n'avais pas les moyens. Je suis gras, sur le volant je serre mes doigts venu et boudinés de chauffeur merdique. Mon père me répétait tout le temps que j'étais un incapable et j'ai tout fais pour lui donner raison. Je n'ai pas fait d'études - trop occupé à glander devant la télé, perdre mon temps à me pochetronner. Le seul examen que j'ai réussis, c'est le permis de conduire (et encore : grâce au service militaire).
-.-A quoi servent les gens comme moi ? Nous somme inutiles et encombrants sur cette planète. On ne parle pas de nous dans Voici. Il n'y aura pas grand-monde à mon enterrement. Mon Dieu, si tu existes, explique-moi pourquoi j'ai toujours été si mal habillé ? Oh ça y est, il a giclé dans sa bouche, le salopard. Il recrache le foutre dans son mouchoir. Pouvait même pas avaler ça, c'est sûr c'est moins bon que le caviar d'Iran. On a beau vendre son cul, faut pas pousser jusqu'à boire du sperme d'Arabe, hein ma pute ? Regarde-les, comme ils sont heureux. On dirait une photo. Ils vont me le payer. J'étais tranquillement accoudé au Bar de l'Oubli, en train de m'enfiler des pastis derrière la cravate, à tenir des propos raciste avec d'autres loques humaines, et soudain mon portable sonne, faut que j'y retroune les gars, je dois recevoir leur bonheur immaculé dans trogne médiocre et on voudrait que je dise merci ?
-.-Le métèque passe ses doigts manucurés dans les cheveux de la blondasse. Viva Forever. Tu parles. Feront moins les fiers quand leur gueules d'anges jet-set seront incrustées de verre pilé. On a tous un jour ou l'autre sa chance à saisir. Je ne l'ai jamais eue avant cette nuit. Aujourd'hui est le dernier jour du reste de ma vie. On m'a licencié de partout mais ce soir je prend les choses en main. Pour la première fois de ma vie, j'ai une ambition : quand on a raté sa vie, il faut moins essayer de réussir sa mort.
-.-"Mister, you're driving too fast !"
-.-Ah, ça y est. Il flippe, la Princesse. Je n'allais tout de même pas laisser passer une occasion pareille. L'Alma approche, on s'engouffre dans le tunnel à deux cents à l'heure. Allez hop, un coup de volant, rien à perdre : je fonce dans le mur. Allez tous vous faire foutre ! Le monde entier va me connaître.
-.-Une mort grosse comme le Ritz.
-.-Va savoir, peut-être que je serai célèbre jusqu'en l'an 2012.
# Posté le vendredi 31 octobre 2008 06:30
Modifié le jeudi 09 juillet 2009 08:23